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XXe Congrès de l'AISLF


1ère communication : comité de recherche (CR) n°04

Sociologie des rapports sociaux de sexe

Intitulé de la communication :

Quel genre de carrière ? Première esquisse d'une sociologie des projets professionnels des étudiant-e-s du supérieur.

Résumé de la communication :

Dans la plupart des pays occidentaux, les femmes sont encore à l’heure actuelle moins bien payées que les hommes à temps de travail équivalent (env. 10-15% au Québec, voir ISQ 2013). Pour expliquer ces écarts, de nombreuses études, tant en sociologie qu’en économie, ont mis en évidence les discriminations à l’embauche, à l’accès au temps plein et à la promotion, les phénomènes de “pénalité de la maternité” ou encore l’inégale division des tâches domestiques. Peu de travaux ont toutefois été menés en amont de l’insertion sur le marché du travail en faisant porter la focale non pas sur les pratiques au sein de l’entreprise mais sur les processus, antérieurs, de socialisation entre les sexes qui peuvent conduire les diplômé-e-s à entreprendre des trajectoires différenciées produisant ainsi des inégalités de statut et de rémunération. Nous présenterons, dans cette communication, les résultats d’une enquête par questionnaire menée auprès d’environ 500 étudiant-e-s en gestion de l’école des HEC de Montréal ainsi que de l’analyse de deux séries d’entretiens réalisés à une année d’intervalle auprès d’une même cohorte. Nous commencerons par quantifier les différences de prétentions salariales des étudiant-e-s et montrerons comment l'origine sociale module la relation existant entre le genre et le salaire désiré. Nous établissons ensuite une classification des emplois visés et mettons au jour les types de représentations genrées qui sous-tendent le “choix” d’une vocation professionnelle.


2ème communication : comité de recherche (CR) n° 27

Sociologie économique

Intitulé de la communication :

Les "switchers". Une étude de la formation des opinions économiques à l'Université

Résumé de la communication :

Cette communication s’inscrit dans un champ de recherche encore sous-investi par les sciences sociales qui entend analyser les processus de socialisation dans le supérieur, ses formes et ses effets, ainsi que les modalités de transmission, par les institutions éducatives, et de réappropriation, par les étudiants, des savoirs économiques en milieu scolaire. Au cours de cette présentation, on se demandera notamment, à partir des travaux de Charles Suaud et de Louis Pinto, s’il est (encore) pertinent de comparer l’action socialisatrice de l’école à celle du petit séminaire ou à celle de l’armée. Le « temps des classes » est-il, comme le note ce dernier, celui de la conversion, « si l’on entend par conversion la substitution d’un habitus à un autre » (Pinto 1979 : 19) ?  À travers l’exploitation statistique de données issues d’un questionnaire administré à plus de trois cents étudiants inscrits en second cycle dans huit programmes d’économie en France, nous mettons, tout d’abord, en évidence un phénomène de convergence observée dans la manière dont les étudiants de notre échantillon se représentent le fonctionnement de l’économie. Ensuite, en abandonnant le concept durkheimien de conversion au profit de celui d’adaptation emprunté à la sociologie de l’éducation de Charles Dewey (1983 : 69), nous essayons de rendre raison de certains mouvements d’opinions des étudiants qui semblent, en effet, “accommoder” leur système de représentations selon leurs espérances professionnelles.